Et toi, tu rêves erotech ?

Bienvenue dans ce nouveau numéro du Point Q !

Un petit bijou qui te plonge dans l’univers du sexe et démystifie l’inconnue nommée « plaisir ». Tous les lundis, on débusque ensemble des fake news, on parle santé sexuelle, culture érotique, sexualité queer. On échange sur les nouvelles manières de faire l’amour en… 2021 !

Cette semaine, enfile tes lunettes et on t’emmène avec nous dans le monde de la sextech ! « Sexe et technologie » : face à la rugosité d’un thème encore méconnu, Orianne a imaginé un nouveau format de témoignages qu’on adore ! Je te laisse t’installer à table, elle vous explique. Dans le Vu d’ailleurs, Valentin te transporte dans le futur des relations sexuelles, version VR. Enfin futur… sur Pornhub ils sont déjà dans le coup. Au menu du débunk, des hackers peuvent-ils pirater ton sextoy connecté ? Thaïs te répond. Et en guise de bonne nouvelle, c’est Tom qui met à l’honneur le documentaire de 8 minutes de nos copines Élise et Jade, sur le sexe dans les jeux vidéo ! C’est ultra cool, ça vaut le détour.

Pour terminer la pause café, la BD en couleur de notre flambant dessinateur Morgan ! Rendez-vous en 2098, dans une autre galaxie…

Que la force soit avec vous, les orgasmes aussi. Avec ou sans écran, prenez votre pied et racontez-nous,

L’équipe du Point Q.

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Sexe et technologie : il y a débat

Par Orianne

Cette semaine, nouveau format pour les témoignages ! Pour ce thème « sexe et technologie », j’ai invité des ami·e·s à répondre à différentes questions. Léa* a 24 ans et est en couple avec William (25 ans) depuis maintenant 3 ans et demi. Arthur a 23 ans et est célibataire.

Tous les quatre on s’est mis autour de la table. J’ai posé mon téléphone pour enregistrer ces quelques minutes avec leur accord et nous avons commencé notre discussion… En voici quelques bribes :

Arthur : « Je pense aux sextoys, tout ce qui est vidéo porno ou même sextape. »

William : « Quand j’ai vu le sujet au départ, il n’y a vraiment rien qui me venait à l’esprit. Après j’ai vu votre story sur Instagram qui évoquait la réalité virtuelle. J’ai constaté qu’il y avait ça aussi et j’ai commencé à réfléchir aux robots qui sont en train d’être créés. Sinon, instinctivement je pense aux sextoys. »

Léa* : « Oui, pareil. Je suis pas du tout inspirée quand je réfléchis au lien entre sexe et technologie ! »

William : « Nous on y avait pensé quand je suis parti au Canada pendant deux mois, mais j’avoue que le coût nous a freinés. 150 euros ! Ce qui était sympa c’est qu’on pouvait le contrôler avec une application. »

Léa* : « Oui, on aurait bien aimé tester mais c’est vraiment un budget. Maintenant on habite ensemble, donc il n’y a pas de problème de distance. On utilise quand même des sextoys, mais des simples pas des connectés. »

Léa* : « Alors ça, ça ne m’intéresse pas du tout. Je ne vois pas l’intérêt. Déjà je ne m’imagine pas mettre un casque… »

William : « Moi ça me ferait marrer d’essayer une fois. Regarder un film porno en réalité virtuelle par exemple. Je pense que tu pourrais changer les points de vue, être observateur ou l’un des personnages. Après comme t’es dans l’action, est-ce que tu te masturbes de la même façon ou est-ce que tu regardes ? Ça doit être bizarre. »

Arthur : « Je pense que ça peut aider quand il s’agit d’un couple vieux de quinze ans, et que c’est un peu la routine côté intimité. Grâce à la technologie, aux sextoys, aux vidéos pornos ou avec la réalité virtuelle, tu peux découvrir autre chose. Ça peut pimenter le couple. Mais si la technologie dépasse le réel et que tu en deviens dépendant, c’est chaud. »

William : « C’est un peu comme le porno. Beaucoup de mecs en regardent et ensuite ils ont des attentes derrière qui ne sont pas en phase avec la réalité. Le danger c’est que tu finis par trouver ça tellement bien qu’après la réalité peut te paraître nulle. »

Léa* : « C’est vrai, quand tu regardes un porno en vidéo tu dis “oh putain mais comment il fait ça” alors que c’est que du fake. Par exemple, la femme crie beaucoup et ce n’est pas ce qui se passe dans la vraie vie. »

Arthur : « Trop de technologie je pense que ça casse un peu ton imagination. On dépend de plus en plus de ça et on imagine de moins en moins. Je pense que si on demandait à des jeunes des années 80, “quel serait ton scénario sexuel idéal ?”, ils auraient plus de facilités à répondre. Nous, on dépend un peu trop de la technologie. »

* Le prénom a été modifié

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Vu d’ailleurs

Par Valentin

Se voir autrement… avec un casque VR

En ces temps de confinement et de restriction des déplacements, maintenir une vie sexuelle épanouie peut être ardu. Confiné·e·s ensemble ou à distance, seul·e ou à plusieurs, comment continuer de prendre son pied en solo ou avec son/sa partenaire ?

On vous propose une solution innovante et vidéoludique : la réalité virtuelle ! (VR en anglais)

Le principe de la VR est de transporter l’utilisateur·rice, par le biais d’un casque qu’iel porte sur les yeux, dans un monde virtuel, plus ou moins réaliste, qui s’adapte à ses mouvements (se baisser, sauter, tourner la tête, etc.)

Vous voyez où je veux en venir…

Si l’on en croit les statistiques annuelles de Pornhub, la catégorie « POV » (point of view, en vue subjective) connaît un succès croissant, au point d’avoir atteint la troisième place du contenu visualisé sur le site en 2019.

Surtout, durant les périodes de Noëls de 2016 et 2017 — années de sortie des premiers casques — la recherche de contenu pornographique en VR a bondi sur les moteurs de recherche. Jusqu’à 900.000 vidéos en VR ont pu être visionnées chaque jour sur Pornhub fin décembre 2017, avant de se stabiliser à 500.000 vues en moyenne.

Il y a donc un véritable marché potentiel du sexe en VR. La compétition des producteurs autour de ce qui apparaît comme le futur du jeu vidéo, comme du porno, tend à faire baisser les prix des casques. D’autre part, une majorité des possesseurs de casques l’a déjà utilisé pour regarder du porno.

Ainsi, si la VR peut révolutionner notre manière de consommer ce type de contenus, elle offre aussi de nouvelles possibilités de jeu et de fantasmes au lit. Qui n’a jamais rêvé, par exemple, de changer de sexe pour une journée ?

Imaginez alors seulement les possibilités qui s’ouvrent à deux ou plus. Vous êtes physiquement ensemble, mentalement et visuellement ailleurs. C’est un peu l’étape supérieure du « penser à un·e autre pendant l’acte », une manière de renouveler son plaisir, ou d’avoir plus confiance en soi pour expérimenter de nouvelles pratiques. Vous n’osez pas tester le BDSM avec votre partenaire ? Peut-être qu’avec le casque, vous aimeriez franchir le pas.

Cela nécessite, évidemment, un peu de coordination et une bonne dose de communication. Enfin, on vous conseille de ne jamais oublier que vous êtes devant une fiction, qui, à plusieurs égards, ne remplacera pas la réalité humaine.

Casque sur les yeux ou non, un seul mot d’ordre : jou(iss)ez !

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On débunke !

Par Thaïs

« Des hackers piratent les sextoys connectés »

PAS EXACTEMENT

Imaginer qu’un inconnu prenne le contrôle d’Alexa ou Google Home à distance, c’est déjà inquiétant. Alors quand cela concerne des objets aussi intimes que des sextoys connectés, on pourrait s’attendre à ce que la cybersécurité soit absolument irréprochable.

Et pourtant, on en est loin : ces dernières années, on recense plusieurs produits « hackés » avec succès par des développeurs qui voulaient en montrer les limites en matière de sécurité. Il y a par exemple le cas du « Vibratissimo Panty Buster », un sextoy vendu en Allemagne : le chercheur Werner Schober a réussi à montrer qu’il pouvait accéder très facilement à la connexion Bluetooth pour activer l’objet, ou encore qu’il pouvait en faire vibrer un au hasard en modifiant un lien envoyé au partenaire pour l’activer à distance.

Plus récemment, de nombreux médias ont relayé le cas « Cellmate », un objet permettant d’emprisonner le pénis de son partenaire à distance et qui se déverrouille via Bluetooth. « Nous avons découvert qu’à distance, des hackers peuvent empêcher l’ouverture du verrou Bluetooth, laissant ainsi [le sexe] de l’utilisateur coincé dans l’appareil. Il n’y a pas de déverrouillage physique », explique à l’AFP Pen Test Partners (PTP), une société britannique spécialisée dans la sécurité.

Dans ces deux cas, le producteur a affirmé avoir corrigé les failles mais n’a pas rappelé les produits identifiés comme défectueux déjà vendus. Et le problème est loin de ne concerner que quelques sextoys à la marge.

Pas de victimes identifiées

À ce jour, il n’y a aucune victime connue de contrôle de sextoys par un pirate, seulement des démonstrations de développeurs pour mettre en garde. Dans les faits, les hackers mal intentionnés se heurteraient à des obstacles. Il faudrait par exemple connaître le moment précis où la personne va utiliser le sextoy connecté, ce qui à distance n’est pas évident. Sauf pour certains travailleurs du sexe, notamment les camgirl et boy.

Enfin, la protection des données personnelles des utilisateurs de sextoys connectés est l’autre faille majeure observée par les spécialistes de cybersécurité et pourrait faciliter une prise de contrôle ciblée d’un sextoy. Comme de nombreux objets connectés, ces sextoys recueillent, via les applications associées, de nombreuses données intimes. La localisation des utilisateurs, l’accès à la caméra ou encore des données personnelles liées à l’utilisation du sextoy sont autant d’éléments accessibles.

Mais comment expliquer que si peu de précautions aient été prises pour des produits au plus proche de l’intimité ? La cybersécurité des sextoys connectés serait souvent négligée et les développeurs manqueraient d’expérience, notamment parce que l’industrie du sexe ne serait pas suffisamment prise au sérieux, estiment de nombreux spécialistes. C’est le cas du développeur Brad Haines, qui a créé le projet « Internet Of Dongs » relate le magazine Elle (US). « Nous voulons travailler avec les fabricants pour nous assurer que leurs dispositifs [soient] aussi sûrs et privés qu’on pourrait s’y attendre », explique leur site internet, qui recense plusieurs démonstrations de hacking réussis.

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La bonne nouvelle

Par Tom

Du sexe dans les jeux vidéo ?

Draguer sur Second Life ou faire la bête à deux dos sur World of Warcraft, c’est désormais possible. Élise et Jade, étudiantes en école de journalisme et fidèles lectrices du Point Q, se sont penchées sur ce sujet méconnu. Dans un documentaire passionnant, elles sont allées à la rencontre de ces gamers qui laissent libre court à leurs fantasmes dans les univers pixellisés du jeu vidéo.

Pour les adeptes du sexe virtuel, « cela permet de briser les tabous et d’explorer d’autres formes de sexualité, mal perçues voire interdites », explique Élise. « J’ai été étonnée que nos interlocuteur·rice·s en parlent de manière aussi ouverte », ajoute Jade. Les deux journalistes se sont notamment intéressées aux « sex mods », ces modifications du code d’un jeu permettant de le rendre plus explicite, mais également au sujet plus grave du harcèlement sexuel des avatars.

Alors qu’un troisième confinement pointe le bout de ton nez, te laisseras-tu tenter par cette sexualité virtuelle ? Pour te faire ton propre avis, le documentaire complet (8 min) est à retrouver sur le compte Instagram d’Élise.

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Sous la plume de Morgan


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Julien, Juliette, Orianne, Tom, Thaïs et Valentin, aka Le Point Q 2.0.

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