Vu d’ailleurs

Par Valentin

L’histoire des films érotiques et pornographiques

Très vite, les caméras, créées à la fin du XIXème siècle, incitent à s’intéresser aux corps. Les premiers films « érotiques » voient le jour : en 1895, The Serpentine Dance met en scène une chorégraphie de voiles légers, et The Kiss le premier baiser du cinéma. En France, l’année suivante, Le Coucher de la mariée est considéré comme le premier strip-tease. Ne vous emballez pas toutefois : seules deux minutes nous en sont parvenues.

Il faut attendre quelques années pour que le porno tel qu’on le connaît aujourd’hui apparaisse ; en 1904, Sœur Vaseline présente déjà les « codes » du porno mainstream : sexe oral, pénétration, plan à trois, rapports homosexuels. À partir de là, les films deviennent plus « hardcore » : ils présentent des gros plans de pénétration, comme dans A Free Ride, premier film du genre aux États-Unis (1915). On les appelle des « stag films » : brefs, produits en secret, souvent anonymement, ils sont diffusés dans des bordels (la plupart des actrices sont des prostituées), ou chez les rares possesseurs d’un projecteur personnel.

Parallèlement, la distribution est contrôlée : la création du visa d’exploitation, en 1916, permet de refuser la diffusion, et donc de censurer les films pour des questions de dignité humaine ou de protection de l’enfance et de la jeunesse. Soixante ans plus tard, l’étiquette « X » est créée. Elle est destinée aux films pornographiques, mais aussi à ceux très violents, ou portant atteinte à la dignité humaine.

Les années 70 correspondent à l’explosion du genre pornographique : ces films représentent jusqu’à 25 % de la fréquentation de certaines salles obscures ! C’est l’époque où paraît Emmanuelle (1974), véritable carton français. Des stars émergent alors, comme Linda Lovelace pour son rôle dans Gorge profonde (1971), premier film avec un budget un peu conséquent (25.000 $), et fondateur du « porno chic », très populaire.

La suite, on la connaît : l’invention de la cassette vidéo, puis du DVD, permettent un accès toujours plus facile à ce type de contenu, alors qu’en 1985, Canal+ diffuse, un samedi par mois à minuit, un film en crypté. L’émergence d’Internet offrira par la suite un accès gratuit et illimité à du contenu toujours plus hard, pour des conditions d’emploi de plus en plus précaires. Mais la prise de conscience de ce phénomène permet l’émergence d’une contre-culture pornographique, féministe, qui vient s’opposer à une histoire à sens unique, qui se déroule depuis plus d’un siècle.

● ● ●

Si tu veux lire ce contenu, connecte-toi avec ton adresse mail :

● ● ●

Tu n’es pas encore abonné·e ? N’attends plus !

Le Point Q a reçu le soutien du
fonds d’intervention associatif de