La bonne nouvelle

Par Ophélie

Films interdits aux moins de 16 ans : les ados, des âmes si sensibles ?

On a tou·te·s déjà remarqué un avertissement du type « interdit aux mineur·e·s de moins de 12, 16 ou 18 ans » au début d’un film. Cette signalétique, réalisée par la commission spéciale du Centre National du Cinéma (CNC), classe les œuvres en fonction de l’impact des scènes à caractère sexuel ou violent. Nécessaire pour la protection des mineur·e·s, la classification fait aujourd’hui débat, à mesure qu’elle doit se moderniser et se calquer sur les nouvelles réalités.

Censurer les films avec des scènes érotiques, c’est le combat mené depuis une dizaine d’années par l’association conservatrice « Promouvoir ». Parmi les œuvres visées : Love de Gaspard Noé, L’inconnu du lac d’Alain Guiraudie ou encore La vie d’Adèle d’Abdellatif Kechiche. Après plusieurs procès gagnés par l’association, la classification des films a été modifiée par le Ministère de la Culture en 2016.

Néanmoins, le CNC a désormais tendance à assouplir les restrictions d’âge dans le but d’en finir avec « l’infantilisation du spectateur ». Le débat est vif pour la limitation aux moins de 16 et 18 ans. Après plusieurs réunions avec la commission de classification de l’institution, la plupart des pédopsychiatres en charge des dossiers de la protection de l’enfance ont reconnu qu’à cet âge, la majorité des adolescent·e·s ont la maturité suffisante pour visionner des images de sexe au cinéma. Aujourd’hui, la plupart des jeunes regardent des séries avec des scène de sexe explicites, qu’ils peuvent trouver plus facilement qu’un film sur Internet.

Enfin, la simple censure peut cacher une partie du problème. Pour certains cinéastes comme Gaspard Noé, les scènes érotiques sont une manifestation de leur liberté d’expression, et elles rendent le cinéma un peu moins lisse. Elles peuvent faire naître le débat chez les adolescent·e·s qui sont confrontés tôt à des contenus et des propos sexuels. Selon la sociologue Agnès Tricore, il est « hypocrite » d’interdire des représentations d’actes sexuels explicites aux mineur·e·s de moins de 18 ans, alors que la majorité sexuelle est fixée à 15 ans.

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