La bonne nouvelle

Par Valentin

Dessine-moi un fantasme

On ne parle pas, a priori, du fantasme. Il faut une grande confiance (et une grande responsabilité) pour en discuter, plus encore pour le réaliser.

Alors, dissimulé dans nos esprits, le fantasme s’illustre : si l’on connaît bien Le Rêve de la femme du pêcheur, d’Hokusai, nombreux·ses sont les artistes qui, sur les réseaux sociaux, se sont spécialisé·e·s dans l’illustration érotique. Et avec eux·elles, c’est tout un univers qui prend forme devant nos yeux curieux. Sur Instagram, plans à trois (ou plus !), BDSM, breath play (bloquer l’oxygène pour amplifier l’orgasme — attention), food play, se dessinent sous les traits de La Jolie Minoise, La Moustache de la dame ou Wish You Were Here, pour n’en citer que quelques uns.

Des dessins qui parlent de nos pratiques et de nos envies, au milieu d’illustrations de couples de tous types : preuve, s’il en est, que ce dont nous parlons se cache dans la normalité de nos vies.

Mais la simplicité d’un trait peut sembler une idéalisation de la réalisation d’un fantasme. Intéressons-nous alors à la photographie, car si le dessin rompt avec le « vrai », la photographie, elle, donne à voir et nous projette dans une situation.

Sur Instagram, on trouve en particulier des images d’un domaine précis : le kinbaku.

Le kinbaku, plus connu sous le nom « shibari », consiste à attacher une personne avec des cordes destinées à cet usage, de manière à la fois érotique et esthétique. Un art de l’assemblage corporel, qui se superbe par la photographie, voire se sublime quand il se combine à une suspension.

Une pratique réservée aux personnes expérimentées donc, mais qui, c’est certain, créera des envies de bondage (ligotage de son ou sa partenaire) chez plus d’un·e.

Illustrer des désirs, c’est contribuer à les populariser, à les rendre moins invisibles, plus acceptables, voire à susciter des passions (et ça, c’est toujours sympa). Quoi de mieux pour lancer une discussion sur nos envies, que de partager l’une de ces images avec un emoji clin d’œil ?

Après tout, parler de ses fantasmes, c’est le premier pas pour les concrétiser.

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