On débunke !

Par Juliette

« Fait-on davantage l’amour durant les fêtes ? »

VRAI

Depuis les années 1970, on observe en France et dans les pays occidentaux de l’hémisphère nord, un baby-boom en septembre (avec un pic le 23 septembre, selon l’Institut National d’Études Démographiques). Si vous faites le calcul, cela intervient exactement neuf mois après les fêtes de fin d’année… soit la période de gestation !

Longtemps, les chercheurs ont cru que cette propension à faire l’amour était liée à des facteurs biologiques : en décembre, il fait plus froid et les nuits sont plus longues, ce qui donnerait davantage envie de se blottir avec sa moitié et de réfléchir au sexe. Par ailleurs, c’est une période de vacances où les couples ont plus de chance d’être ensemble et où le niveau de stress est allégé, ce qui laisse davantage de place au plaisir.

Toutefois, selon une étude à l’échelle internationale publiée dans Scientific Reports fin 2017 (la plus importante sur le sujet à ce jour), les pics de libido seraient plutôt liés aux grands rassemblements culturels et religieux, notamment Noël et l’Aïd el-Fitr. En effet, le nombre de relations sexuelles atteint des sommets en décembre y compris dans des pays qui célèbrent Noël en plein été (comme l’Australie ou l’Argentine), ce qui va à l’encontre de l’argument biologique.

En revanche, les chercheurs de cette étude (qui se basent sur 10 ans de données récoltées sur Google Trends et sur Twitter dans 130 pays) ont détecté que les recherches sur le mot « sex » sont plus élevées à Noël dans l’ensemble des pays chrétiens, quel que soit l’hémisphère. De même pour l’Aïd el-Fitr, grande fête de célébration de la fin du ramadan, qui correspond à un pic de procréation dans le monde musulman (alors même que sa date varie chaque année).

Si aucune théorie n’explique aujourd’hui entièrement ces pics de conception, les scientifiques ont envisagé celle des « émotions collectives » : « Si les gens sont plus heureux et moins anxieux — à la fin de l’année et pendant les vacances — ils songent plus souvent à fonder une famille », explique Luis Rocha, co-auteur de l’étude, au magazine Time.

N’oublions pas non plus la fameuse nuit de la Saint Sylvestre, où les relations sexuelles donnant lieu à une naissance sont presque deux fois plus nombreuses que tout autre jour de l’année (si vous êtes né le 23 septembre, on vous dit…). Au facteur culturel s’ajoute ici une période de « fragilité » des couples (selon l’INED), puisque les rapports non protégés sont plus fréquents, et le nombre d’IVG qui en résulte trois fois supérieur à celui d’un jour normal. Alors si votre bas-ventre est en fête, protégez-vous et adoptez la Noël-attitude !

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