Vu d’ailleurs

Par Thaïs

De Tokyo à Hanoï, Noël n’est pas une affaire de famille

Repas de famille qui s’étalent sur 4 heures, petits cousins qui guettent le Père Noël dans la nuit, réveil aux aurores pour ouvrir les cadeaux … À moins d’avoir déjà une relation très stable et une chambre bien isolée, la nuit de Noël n’est pas vraiment synonyme de galipettes pour les jeunes adultes.

C’est tout l’inverse en Asie de l’Est, où Noël est, à l’instar de la Saint-Valentin, une soirée — et dans le meilleur des cas une nuit — qui se célèbre à deux.

Oui, encore une fois nous regardons vers l’Est, mais il faut dire qu’entre les pays qui célèbrent Noël en famille et ceux où la fête ne se résume qu’à passer du Mariah Carey et mettre d’énormes sapins de Noël dans les centres commerciaux, le champ des possibles est assez réduit.

En Chine, en Corée du Sud, au Japon ou encore au Vietnam, les cadeaux ne sont pas vraiment pour les enfants sages mais pour son date le 24 au soir. On se l’offre dans un restaurant branché, puis on se perd dans les illuminations de Noël et dans la nuit. Au Japon notamment, Noël est LA fête romantique par excellence, tandis que la Saint-Valentin est plutôt réservée aux déclarations. À Tokyo et Osaka, il existe même des love hotels thématisés sur Noël (des hôtels destinés exclusivement à faire l’amour, voir Vu d’ailleurs n°1) avec couronnes de houx et Pères Noël en plastique… un décor qui permet de retrouver, toute l’année, l’atmosphère de cette nuit particulière.

Et comme chez nous à la Saint-Valentin, être célibataire ou sans date à Noël peut se révéler assez triste, voire stigmatisant. C’est d’ailleurs souvent dans ce cas de figure qu’on finit par le fêter en famille (entre amis, ça passe déjà mieux). Au Japon, il y a même une expression populaire pour qualifier ces Noël solitaires : « Kuribocchi », un mot-valise entre « Kurisumasu » (Noël) et « hitoribocchi » (tout seul).

À l’exception de la la Corée du Sud (qui compte 30 % de chrétiens), le 25 n’est pas un jour férié dans ces pays. À l’image de la Saint-Valentin, les magasins ont réussi à créer une quasi-tradition chez les jeunes générations (ce qui permet d’en faire une nuit très rentable), bien aidés par les séries télévisées coréennes ou autre. Heureusement pour les âmes solitaires, cette « fête commerciale » n’est pas réservée qu’aux couples. On peut toujours se consoler avec les offres spéciales de KFC, qui a réussi au Japon à troquer la dinde aux marrons par du poulet frit et établit chaque année à Noël des ventes records.

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