Problèmes d’érection ou d’éjaculation ? Libérons les mots pour soigner les maux !

Par Orianne & Juliette

Thomas et Romane sont en couple, ils ont accepté de témoigner ensemble.

À quelle fréquence as-tu des problèmes d’érection ou d’éjaculation ?

Thomas, 24 ans : Je n’en ai plus là, mais au départ j’en avais de manière récurrente, si ce n’est tout le temps. Ça a commencé quand je me suis mis en couple sérieusement. Je ne « bandais » pas assez pour avoir un rapport et c’était embêtant… parce que ma copine pensait que c’était de sa faute, alors que non.

Est ce que tu te souviens de la première fois que c’est arrivé ? Ce que tu as pensé, ainsi que ta partenaire ?

Thomas : C’était un peu la première « vraie » fois avec une fille avec qui j’imaginais quelque chose de sérieux. On était tous les deux excités et on voulait faire l’amour, mais après avoir mis la capote j’ai « débandé ». Ça m’a saoulé sur le coup, ça coupait le moment alors qu’on était dans l’élan. J’étais frustré et elle aussi. Et j’étais désolé envers ma copine. Même si sur le coup elle ne m’en a pas parlé, je savais qu’elle pensait que c’était de sa faute. On était d’autant plus gêné que c’était l’un des premiers soirs que l’on passait réellement au lit. Cette fois là on n’en a absolument pas parlé.

Romane, 22 ans : La première fois, je me suis dit : « Ok, ça y est, ça m’arrive. Ça nous arrive ». Franchement, je savais pas quoi faire, ni quoi dire. De son côté, il semblait plutôt serein. Moi, j’étais paralysée. J’avais déjà eu une relation stable et longue, et je n’avais jamais été confrontée à cette situation. Pour moi, ces problèmes érectiles, c’était un peu un « mythe ».

Ça s’est amélioré avec le temps ?

Thomas : On a essayé durant quatre mois, et c’était toujours pareil. Au départ, j’incriminais la capote parce que c’était tout le temps à ce moment-là que je perdais mon érection. Psychologiquement, j’étais aussi très embêté de partir plusieurs mois en Norvège et je pense que ça a joué. J’avais peur de me donner pour rien.

Romane : Je voulais vraiment qu’il me dise « Oui, c’est de ta faute » parce que je ne voyais pas quel pouvait être le problème. Je ne croyais pas un blocage dû au préservatif. À l’époque je me disais : « Si un mec veut vraiment faire l’amour, il le peut. Donc s’il n’y arrive pas c’est qu’il se force ou que je suis pas assez attirante. »

Thomas : On en a beaucoup parlé avec ma copine à partir de la deuxième, troisième fois. Je lui ai bien expliqué que ce n’était pas de sa faute, que ça venait de moi et qu’il n’y avait pas de manque de désir. De son côté, elle voulait m’aider pour que notre couple avance. Je savais qu’on en avait tous les deux envie, donc dans ma tête c’était : « ça va bien arriver au bout d’un moment ».

Romane : Comme les discussions ne nous menaient à rien, j’ai suggéré qu’il aille voir un médecin. Il l’a fait sans gêne, et le spécialiste lui a dit que c’était surement lié à son départ en Norvège, d’où ce blocage dans l’abandon de soi. Jusqu’à son départ, cet aspect de notre couple ne s’est pas réglé. Je dois bien avouer que lui était plus optimiste que moi. De mon côté, je me disais « c’est mort, on n’y arrivera jamais ». Même quand je me mettais sur mon 31 et que j’essayais de pimenter l’instant il ne se passait rien… C’était vraiment frustrant, et pour moi incompréhensible. Après, durant ces mois, on faisait quand même du sexe oral et on y trouvait chacun du plaisir.

Finalement aujourd’hui comment vous le vivez ? Comment vous l’abordez en couple ?

Thomas : Les choses ont bien changé. Le voyage en Norvège a été libérateur puisque pour commencer, notre relation à distance a tenu le coup. Une fois que je suis revenu, on s’est retrouvés à Paris et quand on a essayé, je n’ai pas eu de problème particulier. Ce qui confirme peut-être l’hypothèse du blocage lié au séjour à l’étranger.

Romane : Je pense qu’il avait davantage confiance, et qu’il était davantage prêt à se « donner ».

Thomas : Ça arrive encore, mais très rarement et je ne me pose plus de questions. C’est souvent quand j’ai trop mangé, bien bu ou parfois, c’est lié à la fatigue. Ce n’est plus un problème pour moi et notre couple va beaucoup mieux. On sait que si ça se reproduit, on en parlera.

Romane : À mon avis, le fait d’en parler a quand même aidé à ne pas pointer ce problème comme quelque chose d’« incurable ». Mais ça n’a pas tout réglé. Il fallait du temps, une prise de recul, et une vrai avancée dans la relation, qui s’est finalement faite à distance.

Est-ce que c’est tabou selon toi ?

Thomas : C’est un problème que les hommes rencontrent au moins une fois dans leur vie. C’est tabou car je n’en n’ai pas parlé autour de moi, ni à mes potes. Entre nous, on ne raconte pas ces problèmes liés à l’acte parce que c’est intime. Mais ce n’est plus tabou dans mon couple.

Plusieurs autres raisons peuvent amener des hommes à avoir des problèmes d’érection ou d’éjaculation.

Léo, 20 ans : Lors de mes pratiques quotidiennes de sport, à effort raisonnable, je n’ai aucun souci en ce qui concerne l’érection. Cependant, quand je rentre très fatigué de compétition, je n’ai ni désir sexuel ni la possibilité d’avoir une érection. Je ressens déjà un épuisement physique et musculaire, et mon esprit est encore dans la compétition et sous adrénaline. Je pense que cela influe sur mes érections et mes rapports sexuels.

Virgil, 24 ans : À chaque fois que je porte un préservatif, j’arrive à avoir une érection. Cependant, dans 80 ou 90 % des cas, je n’éjacule pas et/ou je « débande » petit à petit. La deuxième fois que ça m’est arrivé, ma partenaire — qui avait peu confiance en elle — m’a demandé pourquoi. Elle pensait qu’elle n’était pas assez séduisante ou sexy pour m’exciter. C’est en la rassurant que j’ai pu en discuter pleinement pour la première fois avec quelqu’un (ce qui m’a finalement rassuré moi-même).

Illustration par notre graphiste @camillejoblin

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