« Raconte-moi ta contraception »

Par Orianne

Solène, 18 ans, célibataire : « J’ai toujours eu des règles très douloureuses, à tel point que je ne pouvais pas aller à l’école. Je tombais dans les pommes, je faisais des crises de douleur et je ne pouvais plus bouger. On m’a présenté la pilule comme la seule solution. Depuis, je la prends en continu. Mais dès qu’on me l’a prescrite à 16 ans, je savais que je n’en voulais pas. Je suis rentrée chez moi en pleurant et en pensant qu’est ce que je vais infliger à mon corps, ça va me détruire de l’intérieur. J’en ai changé très souvent, avec beaucoup d’effets secondaires. Pour moi la pilule c’est un pur fléau. A l’avenir, je partirais sur des choses plus body friendly comme le stérilet en cuivre. Et puis je la vois comme un autre outil de répression des femmes. Pourquoi c’est à nous de nous infliger ça ? »

Lauriane, 23 ans, en couple depuis 2 ans : « J’ai commencé à prendre la pilule à 17 ans, car j’avais un petit copain. C’est ce que mon médecin m’a prescrit directement. Puis je me suis davantage informée sur la contraception, notamment sur internet. Il y a deux ans, je suis passée au stérilet en cuivre, sans hormones. J’ai vraiment été bien accompagnée quand j’ai voulu changer. On m’a expliquée les effets que le stérilet pouvait avoir : des règles plus douloureuses, plus abondantes. Finalement, je me suis rendue compte que je ne le supportais pas. C’était un calvaire, j’avais des douleurs dès que mes règles arrivaient. Je suis allée consulter une gynécologue, plutôt jeune. Ce qui m’a plu, c’est que j’ai été écoutée et conseillée. Il y a 8 jours, j’ai repris la pilule. »

Béa, 23 ans, en couple depuis 3 ans : « Mon moyen de contraception a toujours été le préservatif, depuis ma première fois à 18 ans. J’ai toujours été réticente à l’idée de recevoir des hormones externes dans mon corps. C’est peut être parce que je ne suis pas assez informée, mais c’est quelque chose qui ne me plaît pas. En plus, je n’ai ni règles douloureuses, ni acné… donc pourquoi je la prendrais ? Elle protège pour ne pas tomber enceinte, mais pas contre les MST. Je ne ressens pas le besoin d’avoir une contraception féminine, même si j’ai un copain depuis plus de trois ans. J’ai l’impression que la pilule est beaucoup plus répandue en France qu’en Espagne, d’où je viens. Ici, on va voir le gynéco plus tôt, et j’ai l’impression qu’elle est souvent prescrite par défaut. »

L’avis de Fabio, 24 ans, en couple depuis 5 ans : « Je suis vraiment reconnaissant vis-à-vis de ma copine, qui prend la contraception. Il faut bien que l’un de nous deux s’en occupe, et comme il n’y a pas vraiment d’offre pour les hommes à part la capote, c’est assez évident que c’est la femme qui doit s’en charger. Mais je la soutiens, y compris financièrement. Quand elle prenait la pilule, on partageait les frais. On la notait même dans le Tricount ! Quand elle a changé pour le stérilet en cuivre, je l’ai accompagnée aux deux rendez-vous chez la gynéco, d’abord pour discuter puis pour la pose. Je serais tout à fait d’accord pour prendre une contraception masculine, si ça pouvait soulager ma copine de la charge mentale. Une pilule par exemple ou autre chose…Je me renseigne, j’ai vu passer récemment un projet d’injection qui permet d’anéantir les spermatozoïdes. Aujourd’hui les moyens de contraception ne sont pas assez développés pour les hommes, et je n’ai pas été élevé de manière à m’en préoccuper. »

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